La psychanalyse dans les Sopranos – Réflexion

Freud croyait résoudre les désordres psychiques. En vérité, toutes ses découvertes révèlent surtout ses propres névroses et obsessions sexuelles (lui-même était plutôt pervers comme le révèle avec fracas et talent pédagogique imparable Michel Onfray dans son essai retentissant sur l’idole Freud).

Ses théories farfelues ont contribué à développer en Occident, là où la psychanalyse avait force d’autorité, les névroses. Il est remarquable de percevoir que le monde d’avant Freud était d’une remarquable santé et d’une virilité sans reproches, sûre d’elle-même, d’une féminité fière et noble. Freud, tel un singe imprudent devant un objet qu’il ne comprends pas, ouvre à pleines mains la boîte de Pandore, comme un israélite imprudent – et impudent – devant les vérités païennes du monde matériel et spirituel.

Lui et ses collègues seront obsédés par la chose sexuelle, ne cessant de l’intellectualiser, de le triturer, d’en faire du pâtée intellectuel souvent illisible. La France a notamment été le terrain de jeu favori de ces gens très sérieux et impudiques.

Cela a perpétué, a maintenu par l’obsession de la discussion libre, interminable, inlassable et insoluble, par le silence psychanalytique, les névroses sexuelles et comportementales. Le patient n’est pas amené à résoudre par sa volonté et à oublier, tel qu’en un phénomène de résilience ou de pleine conscience, mis en avant par un Cyrulnik ou un Christophe André. La personne remâche ses souvenirs jusqu’à plus soif, dans un rapport malsain et pervers avec l’analyste, qui profite de cette situation dans une position d’autorité paresseuse. 

Dans les Sopranos, la psychanalyste, froide et frigide, incarnée superbement par la sublime panthère Lorraine Braco (déjà mémorable dans “Les Affranchis” de Martin Scorsese), ne cessera de jouer ce jeu dans lequel Tony Soprano s’insère avec une difficulté qui n’est que le réflexe du bon sens envers les aberrations que lui sort cette psy qui fixe son patient tel un objet médical froid, obsédée qu’elle est par les problèmes intimes intra-familiaux. En vérité, il fallait à Tony Soprano, homme du commun, une thérapie rapide lui permettant de dépasser ses mauvaises pulsions, c’est-à-dire de les détourner (comme le propose donc les thérapies alternatives qu’on rencontre aujourd’hui contre la psychanalyse). En vérité, sa famille n’a rien de vraiment problématique, c’est une famille normale qui rencontre juste un problème de volonté typique des familles modernes. N’a-t-on pas assez observer que c’est l’obsession du recours au psy, permanente dans la série, qui va créer la perte de charisme, la perte de repères, la perte de valeurs dans la famille ?

N’est-ce pas ce recours au psy initial qui fait que Tony est moins respecté par son clan mafieux ? N’est-ce pas ce recours au psy qui provoquera le divorce avec sa femme ? N’est-ce pas ce recours au psy freudien qui provoque chez les enfants un amoindrissement du respect et de l’autorité naturelle qu’il devrait ressentir pour leur père ?

A partir du moment où la famille et les autres savent qu’Anthony Soprano voit un psy, il n’est plus incarné, n’est plus respecté, et tout part en quenouille.

Plus globalement, on peut dire que la psychanalyse (freudienne, jungienne, etc), en s’insérant dans l’intimité des familles, en forçant à tout révéler sur la place publique qu’est le divan, n’arrange en vérité rien, et même contribue à aggraver les différents. Car alors tout est mis en pleine lumière et plus rien n’est caché. La pudeur entre membres de la famille n’est plus la loi, c’est ainsi que le désordre naît.

Le scénario de la série, finalement assez peu linéaire, achoppe constamment sur ces scènes chez le psy, qu’on ressent comme répétitive, inutile, et finalement énervante. Pour tout dire, on préférerait voir Tony en train de cambrioler une maison ou de commettre une assassinat d’un ennemi en lieu et place de ses gonflantes scènes sans objectif clair.

Mais n’est-ce pas un rapport intime et donc sexuelle que veut obtenir le Dr. Melfi, elle qui fantasme sur Tony et qui rencontre des difficultés amoureuses dans ses vies de couple, divorcée et plus ou moins célibataire endurcie (puis violée par un délinquant dans une scène assez effarante de violence gratuite) ? Ceci éclaire finalement encore les troubles intimes de la sexualité des tenants et participants de la psychanalyse. Qui est le plus profondément névrosé entre le brut Soprano, à l’aise partout, juste très susceptible et irascible (combien d’hommes ne sont pas comme cela ?) et la frigide, stricte Melfi qui cache bien des choses sous ses apparences de femme accomplie ?

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Émile Zola sur les Thermes de Caracalla

« L’après-midi, je suis allé aux thermes de Caracalla. C’est l’édifice gigantesque et inexplicable. Deux vestibules immenses, avec des parties de pavé en mosaïques bien conservées. Un frigidium, avec l’indication d’une piscine où pouvaient se baigner à la fois cinq cents personnes. Un tepidarium très vaste aussi, et un caldarium de même, avec, à côté, tout le système des fours à chauffer encore visible. Et toutes sortes de dépendances dont on ignore l’usage.

Mais l’extraordinaire, c’est la hauteur des salles, l’épaisseur des murs, la masse effroyable du monument. Aucun de nos châteaux forts du Moyen Age n’a été bâti avec cette masse cyclopéenne. Des massifs de briques et de ciments extravagants. Il faut ajouter que tout cela était recouvert de marbres précieux, orné de statues. Un luxe écrasant dans l’énormité.

Pour quelle civilisation colossale ? Les personnes qui passent y ont l’air de fourmis. On dirait aujourd’hui des rochers frustes, des matériaux agglomérés, entassés, pour des demeures de Titans. »

Zola, Voyage à Rome, 1894

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Heurs et malheurs d’un adolescent américain moderne. Les Sopranos (saison 3-4-5)

Le personnage d’A.J. Simpson incarne dans les Sopranos l’adolescent moderne, américain mais aussi plus largement occidental. Cet adolescent manque totalement de repères, il est jeté dans une vie incohérente, où son père lui ment sur sa vraie identité, où sa mère est une femme au foyer discrète et sans histoires.

A.J. est secrètement nihiliste. Il écoute du métal et d’autres musiques bruyantes. Il n’a pas la joie de vivre de sa soeur, la mignonne, fine et intelligente Meadow Soprano. A.J. est un simple adolescent américain qui joue aux jeux vidéos sans faire sérieusement ses devoirs, et de toute façon n’y comprends rien.

Il s’empiffre avec son père d’aliments gras, moyens de compenser sa dépression adolescente qui va grandir au fur et à mesure que la série avance. Il est mauvais à l’école, et n’est bon qu’en sport. Il est une personnalité adolescente assez méchante (c.f. la scène avec les deux enfants Baccala, auxquels A.J. fait subir toutes sortes de méchanceté, dont une fausse séance de spiritisme où il fait peur aux enfants en faisant croire à l’apparition de la mère défunte des deux enfants) ; il est assez américain, il représente bien l’anglo-saxon. En effet, il y a une sorte de laissez-allez dans cette éducation qui est propre au milieu populaire américain. Car, en effet, les Sopranos sont des parvenus : ils vont tentés par tous les moyens de donner une éducation haute et verticale à cet enfant, en vain. Car l’hérédité ne ment pas, comme le prouve les crises d’angoisses subites du gamin, les mêmes que celle de son père.

A.J. va également passer par toutes les étapes de l’adolescent : il va, avec ces amis, détruire une vitrine de sport pour le plaisir et connaître les plaisirs de la transgression.

Qui n’a jamais fait cela au collège où la jouissance passe par jouir de la destruction, ce qui entraîne bien des situations extrêmes et inextricables ? Comment ne pas voir, à travers le personnage d’A.J. que sa personnalité se construit là ?

Avec ce personnage, l’on comprends que l’adolescence est la vraie période de construction de la personnalité. C’est pourquoi elle est si précieuse et devrait être mieux encadré !

Tony et sa femme vont vouloir qu’il intègre un établissement militaire. Situation bien trop extrême pour un gosse dont ce n’est pas la vocation. Tony finira par confesser à la psychanalyste freudienne que A.J. n’a pas la vocation pour le remplacer. Triste constat : le clan mafieux italo-américain, qui repose sur la famille et la perpétuation des valeurs de combat et de lutte, ne peut se perpétuer car le fils n’est pas assez fort, on ne sent pas en lui de ressorts de combats. Qu’en dira la fin de la série ?

D’un point de vue globale, ces exemples soulèvent bien la situation nouvelle de l’adolescent et des parents d’aujourd’hui. En effet, ces derniers ont peur du chaos que représente l’enfant, l’adolescent. En retour, l’adolescent fait sa crise et devient chaotique par volonté et par rébellion. Ce qui manque aujourd’hui, et ce qui a manqué à la famille représenté par Tony Soprano, c’est un élément vivifiant et émulateur, un cap, une destinée. Mais également une vraie stabilité existentielle qui est celle d’une famille véritablement forte, ancrée dans la réalité et fortifiée par la vie.

Une famille, un clan, une société ne peuvent pas continuer à se développer si une espérance, un projet n’apparaît pas clairement sous leurs yeux. Jamais les parents de A.J. et de Meadow ne vont clairement afficher le but qu’ils se donnent, collectivement. Ils vont vivoter et ne cessent de s’empiffrer (la bedaine de Tony Soprano n’a rien de surprenante au vu de la bouffe quotidienne qu’il ingère).

Ces non-dits familiaux, qui vont éclater lors du divorce de la famille, sont précisément la cause de l’éclatement familiale. Quand un cap n’est pas fixé, et quand ce cap est seulement de l’arbitraire et non celui de l’amour, de la compréhension et du développement intelligent, quand ce cap est, comme chez les Sopranos, dicté purement par la société (« Tu dois te comporter comme cela parce que c’est ainsi, et pas autrement. Tu dois te comporter comme cela parce que la société fonctionne ainsi »), les adolescents, rugissant de vitalité et de volonté de sens profond de leurs actes, ne comprennent plus cet arbitraire et deviennent rebelles.

C’est alors qu’apparaît un phénomène qui est la crise d’adolescence, qui est, profondément et structurellement, une crise nihiliste et de nature profondément chaotique. Toute la question, que devra résoudre A.J. Simpson, sera celle du dépassement de cette crise d’adolescence pour devenir un homme, pour devenir un jeune adulte, sûr de lui-même et de ses capacités. Il devra cesser d’être influençable, comme le sont trop de jeunes adolescents choisissant des voies qui ne les mènent que dans des impasses et oubliant la volonté de leur être profond.

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Mon programme Politique

Agriculture : Relancer l’agriculture, produire de l’agriculture biologique, relancer le mérite agricole, lutter contre la désertification des campagnes.

Artisanat : PRIORITE ! Sans artisanat, point d’art. C’était la grande leçon de l’Antiquité.

Industrie : Produire des biens de manière écologique. Soutenir les entreprises industrielles. En soutenant la recherche, les inventeurs, les entreprises. En forçant les banques à investir dans les jeunes créateurs : quota de financement pour chaque banque en fonction de ses moyens.

Secteur tertiaire : Le resserrer. La priorité doit être aux trois premiers secteurs.

Education : Individualiser le parcours des jeunes. Apprentissage du latin et du grec renforcé. Payer les professeurs au mérite et à l’enthousiasme. Relancer les carrières universitaires. Apprendre aux professeurs à dominer leurs élèves. Mettre des fortes têtes dans les écoles aux élèves trop indisciplinés.

Armée. Rétablissement du service militaire (6 mois, voire 1 an) avec possibilités d’exercer toutes sortes de métiers. Exclusivement masculin, pas de services pour les femmes, mais des activités comme la couture, le tissage de vêtement, la cuisine, toutes sortes d’activités féminines. Tout cela étant dominée par une bonne alimentation dans les cantines faits de repas variés adaptés à chacun (d’où la nécessité d’une agriculture puissante et active dans le pays). Pas de brutalité dans le service militaire, d’où sera banni le sadisme.

Nécessaire armée de métier à la De Gaulle. Abandon du rasage des crânes et de la barbe, ce qui est une invention du puritanisme anglais cromwellien, mais discipline dans le vêtement et le soin, interdiction de tout relâchement. Discipliner l’homme mais en faire comme un soldat grec au corps large et puissant. Développer la lutte, développer sa maîtrise au sol, ainsi que son agilité dans l’air.

Santé publique :

1) Dans tous les quartiers des grandes villes, dans les petites villes de campagne, il faut des Thermes Publiques. La thermes publiques sont l’une des plus magnifiques inventions de l’Antiquité. On les a remplacé par les sales et artificielles piscines, dégoutant lieu de sport extreme qui fait mal aux corps et de divertissements puérils et sans haute Raison. Grand geste de santé publique : rétablir les Thermes Publiques, avec de l’eau pure, dotés de systèmes naturels et ingénieux. Accessible du matin au soir, avec salles de massages, salles de gymnastique, salles pour les malades. Tous les grands quartiers des villes doivent en comporter un.

2) Médecine. Développer les remèdes naturelles. L’industrie pharmaceutique doit revenir à l’essentiel, en proposant des remèdes naturelles. De même pour les médecins qui doivent désapprendre la culture du médicament chimique. Payer le médecin à 50 euros la consultation l’engagerai à bien soigner le patient. Faciliter l’accès aux études de médecine, faites pour des vrais passionnés du corps : empêcher la trop grande difficulté d’accès et de réussite dans ces études, qui confine au sadisme.

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Nous voulons rétablir l’Ordre et la Mesure dans la société, ce n’est que par ses conditions qu’une Nation est encore valable. Libérer l’économie devient nécessaire, refondre tous les Codes, les simplifiez mais les rendre aussi dense et dur que le Code Napoléonien. Cela doit passer par un Régime nouveau, qu’il faudra définir. Tout ceci sans perdre les acquis de la Tradition et de la Modernité, les deux fondus dans un ensemble équilibré et ferme. Résorber la société liquide, et obtenir une société qui ait encore un avenir, par des Institutions scolaires et Universitaires de haut niveau, mais également sportif, athlétique.

La société française a toujours éclos dans des régimes d’ordre avec une liberté qui favorise les meilleurs natures, les aristocrates nés, et toutes les industries et artisanats. Bien entendu, Napoléon 1er reste une référence ultime et nécessaire, dont il est impossible de se passer. La Religion doit être aussi encadré, dans tous les cultes, avec une possibilité pour les Religions païennes qui ne demandent qu’à renaître et à montrer leur nez. L’Athéisme doit être ennobli, l’école ne devra pas être l’apprentissage d’un néant, mais chaque professeur devra pratiquer comme un Art. Les possibilités seront multipliés, les meilleurs favorisés, les moins bons soutenus. L’Université devra instaurer une nécessaire sélection dès l’entrée, seul façon de renouer avec l’excellence et de couper court à la chienlit universitaire des facultés de lettres. Changer le système scolaire, du primaire et du secondaire, avec cours intensifs le matin et sport disciplinaires l’après-midi. Imposition d’un uniforme pour chaque établissement sur le modèle anglo-saxon, chaque école se verra “estampiller”, ce qui mettra fin à l’anarchie et l’informe des écoles de la République. Avec un uniforme, on prend plus au sérieux sa tâche d’élève et les professeurs sont rassurés, n’étant pas obligés de manager différentes tribus d’élèves, incohérentes et bêtement prépubère.

A développer !

Exemples de mesures :
– supression du RSI
– liberté de s’affilier pour un régime de sécurité sociale
– minimum d’impôts
– politique régalienne forte
– politique de grands travaux, notamment dans les rénovations, le nettoyage de fond en comble du patrimoine
– retour à une Banque Nationale, retour des frontières, politique de souveraineté
– faire ce que Obama n’a pas engagé par manque de volonté : capitalisme écologique (green capitalism : la seule voie qui me semble juste, ni un passage par un amoindrissement qui serait la fameuse Décroissance ni une fuite en avant vers la dégradation)
– faire ce que Sarkozy n’a pas complètement engagé : Grand Paris + grande politique de civilisation
– engager une réforme de l’école à l’anglo-saxonne : profs payés au mérite et à l’enthousiasme, avec cours le matin, sport l’après-midi : l’élève sera libéré d’un poids et sa croissance sera plus libre et belle. Développer l’intelligence et la force physique de chaque enfant.
– enfin, embellir la France dans toutes ses parties : laisser la Nature agir, replanter les forêts là où cela est nécessaire, car le sol est bien plus riche en forêt qu’autre part et il est plus fertile si on le cultive près d’une forêt

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Les enfants du Printemps

Nous sommes des Enfants du Printemps

Springtime, in the Hood, is our time
Such divine breath in the air
Florish into the atmosphere
Make our blood bruish as light wine

Siamo ragazzi di Primavera
Cercando amore fra la Città
Faciamo offerta alla divinita
Quia agire de nascosto da noì

Nous sommes des enfants du Printemps
Nous mangeons des pâtes, olives fraîches
Accosté à une villa près d’un port de pêche
Accompagné par des compagnons poètes

Printemps en fleur / Début du lourd été
Divinités multiples ressuscitées
Sous les bosquets fins, embusquées
Et nos soirées n’auront pas de fin

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Les deux sexes et la nécessité d’un idéal

La « volonté de puissance » des sexes : pour les hommes, le « mâle » ; pour les femmes, la « femelle ». On ne se le dit pas aussi crûment, mais toutes nos démarches inconscientes ou non tendent vers cet objectif. Dévier de cette démarche fondamentale, c’est déjà dévier d’un certain idéal supérieur de puissance. Une femme n’est belle qu’en tant qu’elle est « femelle » ; un homme n’est beau qu’en tant que « mâle ».  On pourrait presque soutenir que les concepts « homme » et « femme » sont des concepts bourgeois, inventés par cette classe pour maintenir le type humain à cette stabilité.

Un bel individu est beau en tant que personnage « racé », presque au sens animal, c’est-à-dire qui représente la beauté de son type, la beauté de son idéal, idéal qu’il s’est choisi.

En effet, l’idéalisme, c’est-à-dire le désir de perfection, lorsqu’il est tranquille et suprême, est infiniment meilleur que tout matérialisme brut et insensible, si cet idéalisme se mêle naturellement d’un idéal corporel.

La caractéristique la plus forte de tout matérialisme insensible et brute, c’est sa tendance à rabaisser : remarquez chez beaucoup d’hommes cette tendance perverse et infiniment nuisible à rabaisser, à dénigrer, à détériorer, à dégrader. C’est parce qu’ils sont soumis à leurs désirs brutes et insensibles qu’ils se comportent ainsi. C’est par exemple, celle des chrétiens mêlé aux barbares du Nord, amoindrissant et dégradant les sublimes constructions de toute l’Antiquité romaine et grecque, l’un par jalousie profonde et amoindrissement de la sensibilité (le chrétien, on en voit un bel exemple dans le roman antique sur les martyres de Louis Bertrand), l’autre par brutalité sotte, lourde et trop mouvementée, et insensibilité à la beauté du paganisme du Sud de l’Europe, cette beauté à jamais au-dessus du lot, cette beauté perdue que seule la Renaissance a été capable d’exhumer.

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Parchemins

Tant de livres à jamais enterrés

Littérature multiple de l’Antiquité

Les livres étaient fort précieux, construits par des âmes d’archontes

On n’en a détaillé par la suite le compte

Tous ces grands hommes croyaient que leurs écrits

Bâtis à l’argile et au stylet

Allait demeurer dans l’Eternité

Livres d’astronomie, manuels, traités

Les trois-quart de leur oeuvre nous en sont allées

Absurde destruction des monothéismes

Devant une littérature qui, pour la première fois,

Elançait au loin ses sublimes pas

Vers des sommets propre à notre véritable idéalisme

Il discutait souverainement des choses

Comme des gens ayant longtemps médités

Ce qu’ils avaient cherché en dernière cause

Ils l’avaient trouvé, entre autres choses,

Et en avaient fait un rouleau de parchemins

Que les cultivés promenaient le long des chemins

Leur écriture n’est pas celle d’aujourd’hui

Laquelle jongle et joue avec les vocables.

Au contraire, chez eux, chaque mot était pesé,

Provenant de gens vénérables

Pour qui écrire n’étaient pas rien…

Ou, plutôt, dicter !

Et en dictant,

Au fil de la discussion intérieure, innée,

Trouver des vérités en passant.

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La guerre, aboutissement de la paix

Les temps de paix, par l’abondance, l’infinie richesse du temps et la capacité du peuple à se ressourcer et à produire beaucoup d’enfants, prépare en vérité les guerres futures. C’est quand le peuple est mûr, suffisamment sain, plein de sève, c’est quand il est prêt que les agitations en tout sens adviennent. C’est quand la paix est suffisamment mûre et pleine d’énergie qu’advient la libération, c’est-à-dire la guerre, l’affrontement entre deux santés. Le sang coule, mais il coule de façon nécessaire et même voluptueuse, ce qui explique la parenté entre l’orgie et la guerre. 

La guerre est ainsi l’aboutissement de la paix, ce que commet un peuple quand sa santé déborde de partout. Le peuple s’y montre uni et prêt à jaillir sur son différent.

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L’exhibitionnisme : vrai caractéristique des sociétés anglo-saxonne, et des USA

Longtemps, j’ai cherché à comprendre pourquoi les USA et l’Angleterre (leur parent) était cette société qui nous fascine tous (à tort ou à raison). Je voulais chercher le terme exact pour caractériser cela.

Eh bien, la clé de la compréhension des sociétés type USA et de l’Angleterre, c’est l’exhibitionnisme (et, par conséquent, aussi le voyeurisme). On ne comprends rien à leur mentalité tant qu’on n’a pas compris cela.

Dès l’origine, on retrouve ce goût – lequel dépend d’une grande envie de liberté de moeurs, doublé d’une duplicité dans l’affichage de ses moeurs. L’Angleterre est le créateur de l’Habeas Corpus, première constitution moderne libératrice. On est aussi étonné en tant que latin et français de lire dans Shakespeare cette liberté folle de ton et de moeurs dans ses pièces, alors qu’il est censé représenté une société aristocratique élysabéthenne marquée par le gallicanisme, ce protestantisme anglais.

N’est-ce pas aussi ce qu’on retrouve en filigrane dans les grands romans psychologiques et sentimentaux anglais, de “Barry Lindon” à “Orgueils et Préjugés” ?

Comment le caractériser ? A la fois, cette envie de masquer les désirs, et, dans le même temps, l’envie contraire, l’envie de passions fortes. Duplicité fondamentale, qui mène fatalement à l’exhibitionnisme, c’est-à-dire à l’impudicité et à la nudité des moeurs, à la transgression folle.

Ce qui frappe chez les Anglais et Américains, c’est cette double envie. Et ce mode de vie, qui mène à la violence – mais qui est un piment évident de ces sociétés. Il n’est que de voir les sites Internet des tabloïds anglais : on y voit les chairs minces et tendues des peoples anglaises affichées sans pudeurs. En tant que français et latin, on est comme gêné par cette affichage et ses chairs coupés au cordon, à la fois émaciés et terriblement sexy, différentes de nos beautés célèbres latines lascives finalement assez pudiques (au sens non hypocrite du terme) si on les compare à leur cousines du Nord. Les tabloïds anglais affichent sans vergogne des people et filles anglaises du peuple concernés par une affaire, ou victimes de violence.

Les deux sont nécessairement corrélatifs : plus vous vous exhibez, plus vous attirez la violence du désir, plus vous faîtes de jaloux.Il suffit de lire René Girard et ses théories sur les rivalités mimétiques, et rivalités du désir pour comprendre cela. Les sociétés anglaises, folles de sexe et de désirs pulsionnels, sont condamnés à être des sociétés violentes. Le cinéma américain, avec ces innombrables thrillers et films d’actions sanglants, est un bon reflet de ce mode de vie dangereux et si tentateur.

Dès lors, on comprends l’omniprésence de la pornographie et sa codification. L’exhibitionnisme doublée de la tentation du contraire (du repli, typiquement protestant) crée des refoulements, que les pornographes et pornocrates cherchent à dénouer et satisfaire. A la fois on a envie de sexe, et on n’en a pas envie, la société devient folle, d’où le côté mécanique du sexe pornographique. Il faut faire l’amour non parce qu’on en a vraiment envie ou livré par un désir fort, mais parce que l’exhibitionnisme, l’affichage sexy des corps et de toutes les pulsions (sociabilité totalement extra-vertie des sociétés anglo-saxonnes, contrastant avec la relative timidité française) mène obligatoirement à ce qu’on couche ensemble. L’absence de vraie érotisme de cette pornographie de masse est frappante.

Voilà le secret de ces sociétés-là : l’exhibitionnisme. Tout en découle : de la vulgarité américaine, à l’omniprésence du sexe, à la fascination pour les grandes stars et les potins, en passant par le business et l’exhibition de l’argent, les grandes propriétés bien kitsch et clinquante (parce qu’il faut montrer sa richesse), en passant par la musique mainstream. Notamment le hip-hop US qui est non pas une contre-culture, mais bien au contraire le sommet, summum absolu de l’exhibitionnisme (c’est-à-dire exhibitionnisme dans la parole même, le rap étant une forme rapide de rhétorique). Le hip-hop US n’est pas une contre-culture, c’est la forme d’art superlative de l’exhibitionnisme de cette société. C’est-à-dire bien plus loin que l’absence de pudeur, mais le déballage total ! (Les rappeurs ne cherchent rarement à lutter contre le système ; tout comme le W.A.S.P. classique et friqué, il cherche ce que ce dernier recherche au bout du compte.)

Au final, ce phénomène explique aussi bien la vitalité américaine que sa formidable capacité à être une société déréglée et violente. Dans la mesure où tout est exhibée, donc tous les désirs y sont également exhibés, il y a alors d’énormes rivalités mimétiques et donc violence. Des tueries de Columbine jusqu’aux assassinats des serial killers, tout, à mon avis, a une base lié à ce problème de société, qui fait qu’elle est ouverte sur tout, et donc dangereusement sans carapaces protectrices.

Enfin, finissons par dire qu’il est frappant d’observer à quel point, dans les séries américaines, les personnages sont proches physiquement, et socialement, et se parlent avec un facilité peu commune en Europe. L’hyper-sociabilité américaine crée un exhibitionnisme, elle est vitale aux USA et elle fascine le mode entier.

Ce qui révèle enfin ma thèse, c’est par exemple les télé-réalités, une invention américaine qui résume absolument ce goût anglo-saxon américain pour le voyeurisme et l’exhibitionnisme : voyeurisme du téléspectateur, qui veut des corps de jeunes superficiels exhibés, et exhibitionnisme des candidats jusqu’au moindre degré de la vie communautaire.

Sur la sauvagerie humaine par le Parnassien Emile Chevé

Émile Chevé  – Virilités, poésies, Paris, Alphonse Lemerre, 1882

Le Fauve

Au fond, l’homme est un fauve. Il a l’amour du sang ;
Il aime à le verser dans des luttes sauvages ;
Son cœur bat et se gonfle au bruit retentissant
Des clairons précurseurs du meurtre et des ravages.

Partout où le sang coule, où plane la terreur,
Où le trépas répand sa morne et sombre ivresse,
Homme, femme, chacun veut savourer l’horreur ;
La brise des charniers nous flatte et nous caresse.

L’échafaud, le supplice, ont pour nous des appas,
L’amphithéâtre aux yeux donne une joie affreuse,
Et nous aimons à voir serpenter sous nos pas
Des enfers entrevus la lueur sulfureuse.

Nous aimons le naja, le tigre, l’assassin,
Les combats de taureaux, les senteurs de la brise
Glissant sur des poisons, et le souffle malsain
Dont quelque lourd parfum nous enivre et nous grise.

L’homme est un fauve. Il a, caché dans des replis
Qu’il ignore lui-même, un abîme en son âme,
Des crimes monstrueux à toute heure accomplis,
Des désirs de démon que chatouille une flamme.

Ses rêves, qui pourrait jamais les laisser voir ?
Qui voudrait mettre au jour ces larves de pensées
Se tordant sur la vase, au fond de ce lac noir
Où rampent vaguement d’horribles odyssées ?

Nous rêvons la panthère et les gladiateurs,
Le spasme du vaincu sur l’arène brûlante,
Et d’un cirque farouche, idéals spectateurs,
Le flot pourpré teignant la lame étincelante.

Nous aimons de la mort les sinistres couleurs :
Le rouge, ce blason des billots, des batailles ;
Le vert, des corps gonflés estompant les pâleurs,
L’azur, de son réseau recouvrant les entrailles.

Si parfois, retenus par le respect humain,
Nous n’osons pas aller voir tomber quelque tête,
Nous nous précipitons, le binocle à la main,
Quand la Morgue promet une lugubre fête.

Et quand un noir bandit, un hideux criminel,
Vient tomber pantelant sur le banc des assises,
On voit, pour assister au débat solennel,
Se presser des boudoirs les fleurs les plus exquises.

Car nous aimons aussi le désespoir, les pleurs,
Le drame palpitant des angoisses secrètes,
Et la honte empourprant le front de ses chaleurs,
Et les cris du gibier forcé dans ses retraites.

Un attrait monstrueux, un prurit sensuel,
Sort pour nous de la mort, du combat, du supplice,
Dilatant la narine, et, d’un éclair cruel,
Enflammant le regard et le front qui se plissent.

Oh ! qu’il est dans le vrai, ce marquis, ce Satan,
Qui mariant le sang, la fange et le blasphème,
D’un Olympe de boue effroyable Titan,
Dans la férocité mit le plaisir suprême !

Et qui ne porte en soi la curiosité
De ce cloaque obscur de sordide mirage,
De ces râles hideux où la lubricité
Se tord, ivre d’horreur, dans un spasme de rage ?

Et qui n’a jamais vu passer devant ses yeux
Ces spectres de Sodome, effrénés, hors nature,
Ces montagnes de chair, dans un rut furieux,
Où toute volupté jaillit d’une torture ?

Marquis, ton livre est fort, et nul dans l’avenir
Ne plongera jamais aussi bas sous l’infâme :
Nul ne pourra jamais après toi réunir,
En un pareil bouquet, tous les poisons de l’âme.

Un souffle de vertige, un brûlant tourbillon,
Nous emporte éperdus dans cette course étrange,
Où ton pas sur le sol creuse un rouge sillon
Que comble un flot visqueux fait de lave et de fange.

Ta Vénus fait son lit dans le creux des tombeaux ;
Macabre don Juan, tes immondes orgies
Aux lampes du sépulcre allument leurs flambeaux,
Et tes listes d’amour sont des nécrologies.

Tes héros affolés sous la dent qui les mord,
Vieux impuissants, rongés de soifs toujours trompées,
Lascifs, se font fouetter par la main de la Mort
Dans les ébats hurlants d’ignobles Priapées.

Près d’eux, les vieux Césars paraissent folichons :
Tibère est galantin, Messaline est vestale.
Tu brilles comme un tigre au milieu des cochons
Dans l’effrayant musée où la hideur s’étale.

Auprès de toi, Marquis, comme ils sont épiciers,
Les Piron, les Zola, dans leurs fades ébauches !
Qu’ils rampent platement sur leurs bas-fonds grossiers,
Dans l’étroit horizon de leurs maigres débauches !

Au moins, toi tu fis grand dans ton obscénité !
Viol, et parricide, inceste et brigandage,
Ruissellent de ta plume, et notre humanité
Sent rugir en ses flancs ta muse anthropophage.

Oui, nous nous souvenons de nos passés lointains !
De caustiques virus fermentent dans nos âmes ;
Oui, nous nous souvenons de ces sanglants festins
Que faisaient nos aïeuls sur des autels infâmes.

Autour de son berceau, la jeune humanité
Trouva le loup, le tigre et l’ours noir des cavernes,
L’hyène, le gorille et l’auroch indompté,
Les Stymphales noircis et les rouges Arvernes.

L’homme n’eût pas vécu, s’il n’eût été comme eux
Un monstre, un fauve aussi. Sous la forêt sauvage,
Dans l’antre redouté, sur les flots écumeux,
Terrible, il promena la mort et le ravage.

Des chacals il rongea les crânes dépecés,
Il se plut à broyer les loups dans ses étreintes ;
Il dévora la moelle et les os concassés,
Dans les grottes laissant de farouches empreintes.

Et l’homme put ainsi déblayer son terrain,
Élargir devant lui la route et la clairière :
Mais, à jamais marqué par ces siècles d’airain,
Il sent vivre en son cœur la bête carnassière.

Et c’est pourquoi chacun sent palpiter en lui
La griffe d’un chat-pard et l’aile d’un rapace ;
Cruel est notre amour, féroce est notre ennui,
Le meurtre nous enivre et l’horreur nous délasse.

L’homme est un fauve. En lui le monstre vit toujours.
Utopistes niais dont la sensiblerie
Rêve un monde baigné d’éternelles amours,
Nous n’entrerons jamais dans votre bergerie.

Car, jeune homme au cœur fier ou vieillard aux yeux doux,
Vierge dont le front pur a des reflets d’opale,
Petit enfant rieur jouant sur nos genoux,
Tout être humain en lui renferme un cannibale.

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